Faire votre jardin bio

Comment réaliser votre potager en accord avec l'agriculture biologique.

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Pourquoi choisir de créer son jardin ?

Près de 70 % des français possède un jardin, petit ou grand, de la jardinière sur le balcon, au potager domestique et jardin de sa maison de villégiature.

Nous sommes tous les héritiers de ce grand peuple de cultivateurs du XVIII ème siècle, période au cours de laquelle le jardin et les cultures étaient essentiellement vivrières et donc primordiales à l’homme.

De nos jours, nous sommes en ce qui concerne le jardinage plutôt dans la culture d’agrément, non essentielle mais qui permet de produire des légumes de proximité sains, permettant de rompre avec les légumes de la chaîne commerciale suspectés d’être vecteurs à long terme de pathologies lourdes.

Créer son jardin est pour la plupart des gens, un besoin naturel de retrouver ses racines paysannes, de créer un lien avec la terre nourricière, la Pacchamama des Incas. Afin de produire des légumes de qualité sains et gustatifs et de prendre part à la démarche de travailler la terre, il n’y a pas d’autres alternatives que de s’adonner au jardinage biologique.

Pourquoi choisir délibérément le jardinage Bio ?

Aujourd’hui, environ 60 000 tonnes de pesticides sont encore déversés sur les cultures en France.

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Source image : iuup.org

Ce montant vise à se réduire au fil des années, mais il est encore bien trop important dans certains cas. Le surdosage de ces produits nocifs, est malheureusement une réalité du jardinage même amateur !

N'oublions pas que lorsque vous réalisez un jardin pour votre consommation personnelle, il est nécessaire de viser la qualité et non la quantité.

Pourquoi utiliser des produits qui se retrouveront nécessairement dans votre assiette, herbicides, pesticides, fongicides, insecticides ?

Certainement par facilité, paresse quelquefois, inconscience ou encore habitudes.

Mais si vous vous intéressés de près ou de loin à l'agriculture biologique, vous n’êtes pas de ceux là, vous avez conscience qu’il faut faire attention à votre santé et protéger l’environnement de façon à transmettre à nos enfants un héritage sain et viable.

Lancez vous alors dans le jardinage, cette pratique enrichissante, équilibrante et déstressante. "Cultivons notre Jardin" disait Voltaire, alors allons-y mais en bio...

Qu'est ce que le Jardinage Biologique ?

C’est très simple : il s’agit en jardinant sur une parcelle de terre de n’utiliser ni produits de synthèse, ni engrais chimiques… C’était la pratique de tous les paysans d’avant la première guerre mondiale. La chimie étant arrivée en agriculture après la seconde guerre mondiale, les tenants de l’industrie chimique ayant la volonté d’écouler les stocks de produits chimiques de la première guerre mondiale. La chimie a transformé l’agriculture en une agriculture intensive et les jardins amateurs en terrain d’expérimentation de la plante hybride «survitamimée». La littérature spécialisée, un certain de reportages, l’action d’associations, des études d’impacts environnementaux ont permis de dénoncer les conséquences très néfastes de l’emploi des pesticides, herbicides sur l’environnement et la santé humaine. Nous ne maîtrisons pas la qualité des produits du commerce mais en revanche, nous pouvons choisir la qualité des légumes de notre jardin, pour toutes ces raisons et pour d’autre développées dans les articles qui vont suivre, le choix du jardinage bio s’impose à tous les jardiniers amateurs. Il en va de notre santé et de celle de nos enfants…

Mais évidemment, après le semis souvent en fonction du climat, de la pluviométrie, de l’ensoleillement, de la nature du terrain… peuvent apparaître parfois les premières difficultés. C’est pourquoi, nous vous suggérons dans les chapitres qui suivent pour pratiquer un jardinage bio, facile, agréable et équilibré des préconisations incontournables.

  • Créer un jardin adapté à mon sol et à mon climat

La première des choses à penser est de créer un jardin adapté à votre sol et au climat. Il faut être observateur dans le cas d’un parcelle de terrain et savoir distinguer à quelle catégorie appartient la terre de son jardin, en d’autres termes quelle est la nature du sol ? Pour cela c’est très simple regardez autour de votre jardin quelle est la flore dominante, vous en déduirez la nature du sol après quelques recherches. Par exemple, la terre sableuse se reconnait au toucher par sa faible densité et nécessite un apport important de matière organique en opposition à la terre argileuse compacte , collante aux doigts qui aurait plutôt besoin d’un amendement pailleux, sableux… Les plantes, également ne poussent jamais au hasard, elles prolifèrent dans des terres qu’elles affectionnent. Le plantain, le mouron poussent sur des sols plutôt assez équilibrés, bien que le mourron soit un indice d’azote. Une terre décalcifiée permet à la bruyère, au genêt de s’épanouir. Mais ces herbes qui vont naturellement pousser sur votre terrain après le semis sont elles réellement des mauvaise herbes comme il est facilement convenu de les dénommer ? Reconsidérer ma conception des herbes dites « mauvaises » Dans le cadre d’un jardin bio, bien sûr nous l’avons dit n’utiliser jamais d’herbicides mais préférer des petites parcelles maîtrisées que des grandes surfaces envahies. Il ne s’agit pas de se laisser envahir par des herbes que peu à peu vous apprendrez à identifier mais procéder très tôt après le semis à un désherbage manuel ou mécanique. Il faut privilégier le semis ! Donc pour faire profiter au maximum votre semis, veillez à ne pas semer trop serré, erreur commune du jardinier débutant. La plante a besoin d’espace vital autour d’elle pour s’épanouir, l’oignon par exemple doit pouvoir être désherbé à la main ou avec un outil de type serfouette en respectant un espace minimum de plantation, les oignons doivent avoir de l’espace entre eux pour grossir et permettre le nettoyage de la terre autour d’eux. Mais ça et là des herbes peuvent être laissée dans le jardin pour attirer les abeilles, faire fuir certains insectes indésirables ou ameublir la terre dans une parcelle laissée en jachère. La gestion des herbes reste une gestion, intelligente et discriminante qui repose avant sur le respect de la biodiversité végétale.

  • Privilégier les semences bio :

Pour respecter le cahier des charges moral que vous vous êtes fixé en tant que jardinier bio amateur, il vous faut des semences bio. Pourquoi des semences bio ? Ces semences issues du commerce, des bourses d’échanges certifiées ou de votre propre récolte sont la garantie de départ d’une qualité originelle de la plante, la graine est indemne de chimie et n’a pas subi de transformation génétique. Vous pouvez trouver ces semences chez un grainetier comme Kokopelli par exemple.

  • Nourrir le sol plutôt que la plante.

Le sol devra être équilibré et amendé. La première année le sol étant vierge, il est entier de tous les éléments nécessaires. Mais dès la deuxième année de jardinage, des amendements divers et variés devront être épandus selon la nature de votre sol et le retour d’expériences. Ces amendements seront des fumures bio d’origine animale, chaque fumure ayant sa spécificité. Mais l’amendement incontournable du jardinier Bio est le compost. Ce mélange de déchets ménagers organiques, de tonte, de paille permettra d’améliorer grandement la fertilité du sol de votre jardin en apportant le supplément indispensable de vie microbienne dont votre jardin a impérativement besoin. L’alternance par couche d’azote et de carbone constituera l’élément nutritionnel incontournable des micro organismes de votre terre. Des engrais verts pourront compléter ces divers amendements.

  • Gérer sa consommation d’eau.

L’eau est l’élément indispensable à la vie du jardin, il faut l’économiser, créer des systèmes de récupération, la donner aux végétaux avec parcimonie et aux moments adaptés de la journée pour éviter le gaspillage. Il faut réapprendre à gérer cet élément essentiel. Servir l’eau tiède aux végétaux est une bonne précaution pour éviter le choc thermique et les problèmes qui en découlent. Souvent il est très utile et pratique de stocker l’eau dans des bidons à proximité permettant au précieux liquide de se réchauffer à la douceur des rayons du soleil. Arroser avec de l’eau de pluie est une des bases de l’hydratation des végétaux. Cette eau servira bien sûr à la fabrication de décoction et de purins tant utile à la lutte préventive et curative des indésirables au jardin et permettant de fabrique des engrais liquides indispensables à la croissance équilibrée de vos légumes.

Alternatives aux engrais, pesticides et autres cides de mauvais aloi. Les purins, décoctions, bouillies seront selon leur composition la pharmacopée idéale et de proximité permettant de résoudre les problèmes majeurs des plantes.

  • Créer une espace biodiversifié

Pour créer un jardin bio il faut plusieurs années, un bonne dose de tâtonnement expérimental en essayant d’attirer de manière naturelle un certain nombre de petits insectes ou animaux ou de végétaux permettant de lutter contre les maladies et ravageurs du jardin. Autour du jardin, la protection des haies, des buissons, des murs en pierre sèches permet d’attirer et de sédentariser, lézards, hérissons, oiseaux, batraciens, araignées qui se régaleront des limaces, pucerons, larves, rongeurs…

  • Privilégier les variétés anciennes, locales.

Un certain nombre de légumes sont oubliés, plus commercialisés tombés en désuétude, tout simplement souvent parce que ces légumes en question ne correspondent pas aux standarts commerciaux des grands semenciers. L’agriculture bio permet de sauver des espèces disparues, pour cela participer aux bourses d’échanges de graines bio, échanger vos graines entre particuliers, récolter vos semences. Les variétés de tomates anciennes, de légumes racines, pommes de terre anciennes, oubliées sont nombreuses. Ces variétés, outre leur vertus gustatives sont souvent beaucoup plus résistances aux maladies et adaptés aux conditions climatiques que ces semences ou plants hybrides fabriqués en laboratoire.